À retenir
- Un développeur à 55 000 € brut coûte environ 90 000 à 100 000 € par an, tout compris.
- Le recrutement lui-même représente 15 à 25 % du salaire annuel la première année.
- Une équipe interne devient rentable au-delà d’environ 150 jours de développement par an et par profil.
- L’agence coûte plus cher au jour mais ne facture ni les creux, ni les congés, ni les départs.
- Le modèle mixte — un référent interne, une agence pour la capacité — bat souvent les deux extrêmes.
« Sur le long terme, ce sera moins cher en interne. » Peut-être. Le calcul mérite d’être fait entièrement, parce qu’il comporte six lignes que la plupart des comparaisons oublient.
Voici le chiffrage complet, sans parti pris — nous sommes une agence, et il y a des situations où nous recommandons de recruter.
Le coût complet d’un développeur salarié
Prenons un développeur expérimenté à 55 000 € brut annuel, en France, en 2026.
| Poste | Montant annuel |
|---|---|
| Salaire brut | 55 000 € |
| Charges patronales (≈ 42 %) | 23 100 € |
| Matériel, licences, outils | 2 500 € |
| Locaux, énergie, services | 4 000 € |
| Formation, conférences | 1 500 € |
| Mutuelle, avantages, restauration | 3 000 € |
| Coût direct | 89 100 € |
| Recrutement amorti (18 à 25 % la 1re année) | 5 000 € |
| Encadrement technique (≈ 10 % d’un lead) | 8 000 € |
| Coût complet | ≈ 102 000 € |
Rapporté aux jours réellement travaillés — 218 jours ouvrés, moins les congés, la formation, les réunions non projet et les temps morts, soit environ 190 jours productifs — cela donne environ 535 € par jour de développement effectif.
La ligne qu’on oublie toujours : l’encadrement. Un développeur seul, sans personne pour relire son code et arbitrer l’architecture, produit une dette technique qui se paie deux ans plus tard. Si vous n’avez pas ce profil en interne, il faut soit le recruter aussi, soit l’acheter — et cela change complètement l’équation.
Le coût d’une agence
Entre 500 et 800 € par jour en France en 2026, selon le profil et la séniorité. À première vue, c’est plus cher. Sauf que le périmètre couvert n’est pas le même :
- vous ne payez que les jours consommés, pas les creux entre deux projets ;
- vous n’assumez ni les congés, ni les arrêts, ni le préavis en cas de départ ;
- vous accédez à plusieurs spécialités — design, mobile, backend, IA, référencement — sans recruter cinq personnes ;
- le remplacement d’un intervenant est le problème du prestataire, pas le vôtre ;
- il n’y a ni coût de recrutement, ni risque de mauvais recrutement.
Ce dernier point est rarement chiffré alors qu’il pèse lourd. Un recrutement raté sur un poste technique coûte entre six mois et un an de salaire chargé, en comptant le processus, la période d’essai, la reprise du travail produit et le nouveau recrutement.
Le seuil de bascule
Le calcul se ramène à une question de volume et de régularité.
En dessous de 150 jours de développement par an et par profil, l’équipe interne passe une part significative de son temps sans charge utile. Vous payez alors 100 000 € pour 120 jours de valeur, soit un coût réel supérieur à celui d’une agence.
Au-delà de 200 jours par an et par profil, de façon prévisible et régulière, l’interne devient nettement plus économique, et surtout la connaissance métier reste dans l’entreprise.
Entre les deux, tout dépend de votre capacité d’encadrement et de la stabilité de votre feuille de route.
Le modèle qui gagne le plus souvent
Sur les entreprises que nous accompagnons, la configuration la plus efficace n’est ni l’un ni l’autre.
Un référent technique interne — pas nécessairement un développeur à temps plein — qui comprend l’architecture, porte la connaissance métier, arbitre les priorités et garde la main sur les accès. C’est le poste le plus rentable de tous, parce qu’il élimine la dépendance sans supporter le coût d’une équipe complète.
Une agence pour la capacité et les spécialités, mobilisée par phases : un pic de développement, une refonte, une expertise que vous n’aurez jamais besoin d’avoir à demeure.
Cette configuration coûte typiquement 30 à 40 % de moins qu’une équipe interne complète, tout en évitant le principal risque de l’externalisation totale.
Les trois questions à se poser avant de trancher
1. La charge est-elle régulière ou par à-coups ? Un projet tous les dix-huit mois ne justifie pas une équipe permanente. Un produit qui évolue chaque semaine, si.
2. Avez-vous quelqu’un pour encadrer ? Un développeur junior seul coûte moins cher et produit une dette que vous paierez au double. Sans encadrement interne, il faut l’acheter.
3. Le savoir-faire est-il stratégique ? Si votre produit est votre entreprise, la connaissance doit finir en interne. Si le numérique sert votre métier sans être votre métier, l’externalisation encadrée est souvent le meilleur rapport valeur-risque.
La bonne question n’est pas « interne ou externe ». C’est « quelle connaissance dois-je absolument garder, et quelle capacité puis-je acheter au moment où j’en ai besoin ».
Les garde-fous, quel que soit le choix
Si vous externalisez, quatre points doivent être écrits : la propriété du code et des comptes, la documentation de reprise, l’accès direct à vos hébergements, et un référent interne identifié. Ces quatre éléments coûtent quelques jours et suppriment l’essentiel du risque de dépendance — un sujet lié aux modèles contractuels.
Si vous internalisez, budgétez l’encadrement et la formation dès la première année. C’est ce qui distingue une équipe qui monte en compétence d’une équipe qui accumule de la dette.



