Une application grand public se bat pour l'attention de l'utilisateur. Une application terrain, elle, est imposée à des équipes qui ont déjà un métier, des horaires serrés et souvent une méfiance légitime envers « le énième outil du siège ». Le chef de chantier, le frigoriste, l'ascensoriste ou le livreur ne l'utiliseront que si elle leur fait gagner du temps dès le premier jour : moins de papier à ramener, plus de rapport à ressaisir le soir, un planning à jour sans appeler l'exploitation. C'est pour cela que nous commençons chaque projet par une journée d'observation sur le terrain, pas par une réunion au siège.
La première contrainte est technique : le réseau n'est pas une donnée fiable. Parkings souterrains, chaufferies, zones rurales, entrepôts en bardage métallique : l'application doit permettre de consulter l'intervention, de la remplir, de photographier et de faire signer le client sans connexion, puis synchroniser automatiquement au retour du réseau. Cela suppose une base de données locale sur l'appareil, une file d'envoi qui survit à un redémarrage, et une vraie stratégie de résolution des conflits quand deux personnes ont modifié le même dossier.
La deuxième contrainte est la valeur probante des données. Un bon d'intervention signé, un procès-verbal de réception de travaux, une photo de non-conformité ou un relevé de température peuvent être produits en cas de litige, d'audit ou de sinistre. Horodatage, géolocalisation au moment de la saisie, empreinte du document PDF généré et journal des modifications font partie du cahier des charges, au même titre que l'ergonomie. Côté RGPD, la géolocalisation des salariés est encadrée : elle doit répondre à une finalité précise, ne pas fonctionner hors du temps de travail et faire l'objet d'une information des équipes et, le cas échéant, d'une consultation du CSE.
La troisième contrainte est l'intégration. L'application n'a de valeur que si les interventions partent du planning de l'exploitation et reviennent dans l'ERP, la GMAO ou l'outil de facturation sans ressaisie. Nous construisons pour cela un back-end intermédiaire qui dialogue avec vos systèmes existants, plutôt que de brancher le téléphone directement sur l'ERP. Enfin, la question du matériel se pose tôt : smartphones personnels ou flotte d'entreprise, tablettes grand public en coque ou terminaux durcis, déploiement via les stores ou via un outil de gestion de flotte (MDM).

