Les plateformes de livraison ont apporté du volume aux restaurants, mais à un prix : une commission prélevée sur chaque panier, souvent comprise entre 15 et 30 % selon le contrat et le niveau de service, et surtout la perte de la donnée client. Le convive commande sur l'application de la plateforme, pas chez vous ; vous ne connaissez ni son adresse e-mail ni sa fréquence de commande, et vous ne pouvez pas le relancer. Une application en propre ne remplace pas les plateformes du jour au lendemain — elles restent un canal d'acquisition — mais elle permet de basculer les clients réguliers vers la commande directe, là où la marge est la vôtre.
La deuxième réalité du métier, c'est le coup de feu. Une application de restaurant se juge entre 12 h et 13 h 30 et entre 19 h 30 et 21 h : les commandes doivent arriver en cuisine sans ressaisie, les créneaux de retrait doivent se fermer automatiquement quand la production sature, et un produit en rupture doit disparaître de la carte en un geste. Sans intégration à la caisse et à l'écran de cuisine (KDS), l'application crée du travail au lieu d'en retirer. C'est le premier point que nous cadrons, bien avant le design.
Les contraintes réglementaires sont modestes mais réelles. Le règlement européen INCO impose que l'information sur les 14 allergènes majeurs soit disponible avant l'achat, y compris en vente à distance : elle doit donc figurer dans la fiche produit. Le paiement en ligne est soumis à l'authentification forte de la DSP2 (3-D Secure), que les prestataires comme Stripe ou Adyen gèrent nativement. Les données de vos clients relèvent du RGPD, avec un consentement explicite pour les notifications et les offres marketing. Bonne nouvelle en revanche : un repas est un bien physique, Apple et Google ne prélèvent aucune commission sur ces ventes, contrairement aux achats de contenus numériques.
Enfin, chaque modèle a ses priorités. Un restaurant indépendant cherche surtout la fidélité et le click & collect ; une chaîne a besoin d'un back-office multi-établissements, de cartes et de prix par point de vente ; une dark kitchen exploite plusieurs marques virtuelles depuis une même cuisine et vit de la livraison. Nous partons de votre modèle économique, pas d'un catalogue de fonctionnalités.

